Le marché d'Antan Place de l'Hôtel de Ville
Noyon (Noviomagus en latin) est une ville traditionnelle de marchés. Le plus connu d'entre eux est sûrement le Marché aux Fruits Rouges. Il se déroule chaque
année, le premier dimanche de juillet sur le parvis et autour de la Cathédrale Notre-Dame.
Pour bien l'aborder, il convient de faire un petit rappel historique.
Dès le Xème le cerisier sauvage donna ses premières cerises a notre région qui cultivait alors la vigne. Puis le cassis fut planté sur les versants des collines bien exposés au soleil. Avant la
première guerre mondiale, cerises et cassis alimentaient les marchés du Nord, de la région parisienne et surtout de l'Angleterre. Le Noyonnais produisait 250 tonnes par an de cerises dont
le "coeur de Noyon". Après la guerre quelques producteurs continuèrent à cultiver cerises et cassis, puis des fraises. Dans les années soixante, la groseille et la framboise furent
privilégiées.
A Noyon, d'après un arrêté municipal de 1883, ce marché aux fruits rouges se tenait tous les jours, place de l'Hôtel de Ville autour de la fontaine excepté le samedi, jour du Grand
Marché. Il avait lieu de la seconde semaine de juin à mi-juillet. Dès 4 heures du matin, l'ouverture était proclamée par un commissaire à l'aide d'une sonnette. Les marchands avec leurs
canotiers surveillaient la pesée des grands paniers d'osier de 20 kg environ. La transaction faite, les fruits rouges étaient acheminés en gare de Noyon pour être chargés dans un train spécial à
destination du Nord de la France et de l'Angleterre.
Dans les villages du Noyonnais, dès l'aube, pendant la saison, les vergers se remplissaient d'échelles de 12 m où les cueilleurs (famille et saisonniers) s'activaient jusqu'à midi. Un bon
cueilleur pouvait récolter jusqu'à 100 kg par jour. Les producteurs arrivaient en vélo, en voiture, à cheval ou avec des brouettes sur la place du village avec leurs mannes en osier de 20 à
25 kg de cerises et de cassis. A 20 heures d'un coup de cloche, le garde champêtre annonçait l'ouverture de la vente. Les transactions commençaient, les affaires se concluaient.

